08.03.2010

"les veilles d'Essence" - Chronos [part. 3-2]



1988 : dépucelage par Christine, fille de cheminot levée en compagnie de Jacques au bar du Casino de Montrond-les-Bains, tripot bouseux de province. Ne se souvient plus, ladite a du être chopée pendant les slows. Par erreur.


Christine vit dans un deux pièces plutôt moche, place Chapelon près du quartier de Valbenoite.

Dans cet endroit, dans cet immeuble même, Hépic sait que 110 ans auparavant son trisaïeul, Toussaint Auguste BEAUFILS, installait à la faveur des événements communards, sa bien aimée et leur bâtardise : Jeanne-Louise, Henry et James. Les ouvriers de la soie des deux villes de Lyon et Saint-Etienne, les canuts, ont fait trembler le pouvoir conservateur qui tentait de s’installer après que Sedan ait tué l’Empire. L’heure de la République à sonné, les aïeux d’Hépic ne craignent plus rien... qu’ils croient.

Il n’y a pas de hasard qui tienne.
Toussaint meurt en 1878 dans des circonstances douteuses ; sa descendance est déclassée/

Pendant de nombreuses années, Hépic fera fleurir sa tombe , au cimetière Saint-Claude de Saint-Etienne ; il revendique même le droit de s’y faire, en partie inhumer, en partie, car, comme les rois, HéPic entend avoir plusieurs sépultures [cinéraires]
-1/4 sera répandu au jardin du souvenir du père Lachaise, après l'incinération au crématorium dudit ;
-1/4 sera disséminée au Mont-Monchet, patrie de mes aïeux
-1/4 sera inhumé aux côtés de Toussaint Auguste Beaufils.
-1/4 sera répandu autour de l'église de Saisy, au diocèse d'Autun

En guise d’épitaphe, les parents de Toussaint, qu’Hépic soupçonne d’avoir poussé leur fils au suicide dans le château familial de Soleymieux, l'épitaphe orne le Carrarre

«TOUSSAINT BEAUFILS 1840-1878»
on a fait graver en plus :

Il fut bon fils.

On a omis d’émettre qu’il fut sans doute le meilleur père, bravant les interdits sociaux et moraux pour établir ses enfants, dont ma bisaïeule, morte en 1902, quand sa fille, ma grand-mère n’avait que 4 ans...

Hépic écrira «Je crois beaucoup à la psychogénéalgogie, à la transmission des angoisses séculaires, spécialement par les lignées féminines.
Ce lien particulier avec Toussaint Auguste, cet aïeul de substitution n’est pas anodin. HéPic lui a redonné son histoire, sans lui, Toussaint serait tout à fait mort.» Hépic restera convaincu que sa hantise de l’abandon trouve sa genèse en 1878.


[fin du flash-back] Le premier coït hétérosexuel d’Hépic se déroula donc dans ces lieux familiaux qu'il savait porter une histoire lourde ; les fantômes de Toussaint, de Maria semblent le guetter ; cette première fois ne fut ni Waterloo, ni Arcole et HéPic se demanda pourquoi on faisait tout de foin de cet accouplement vulvaire et vulgaire.

S’empresse à «faire savoir» à ses parents» que «Christine» existe comme s’il pressentait que ça serait toujours ça de pris !

1988-1991 double vie d’HéPiC (dans le même temps, double vie de Véronique, mais c’est un autre sujet) :
vie diurne et week-end entre hétéros-ruraux avec son pote Jacques de Ventressac ; enchaîne les petites amies : Marie-Françoise, Mireille, Chrystel, Corinne ; Yannick (au féminin) ; Marie-Christine...

A flashé sur une fille de la fac qu’il juge complètement inaccessible : brune, regard glacila, sourit quand elle se pince... Catherine (laquelle se tapait un certain Maurice dont HéPic aurait aussi fait son 4 heures.).

Cathy déteste HéPic qu’elle considère, non sans tord, comme un faux bourge, vrai con de «droite molle» ; [NDLR : à cette époque Cathy est de la droite pas-molle-du-tout et j’ai des preuves - ]

C'est lors de cette déconvenue qu'Hépic décide de vraiment devenir pédé.

Pour autant, il enchaîne les lundis après-midi dansants au Lido du Pertuiset, agrémentés de défis à la con : avec Patrick, Jacques de V. .Le challenge est souvent : «celui qui se tape la plus moche» se fait rincer à l’oeil par les autres, HéPic remporte une seule fois le concours avec une certaine Pierrette, 65 ans au compteur , gaufrière au kiosque de la place du Peuple !

Se rend compte que rouler une pelle avec un dentier c’est pas glamour. Décide de ne plus manger de gaufres.

En vie nocturne : 80 Km parcourus en auto, par soir entre les parkings de la Plaine-Achille et de la Place Carnot à Saint-Etienne en se demandant bien quel est le but de ce ballet de conducteurs de voitures, en solitaire, et qui se met en place à la nuit tombée ; se dit qu'un jour il l'écrira. Aà 600 pages de manuscrit sur le sujet chez lui (Note pour moi-même : penser à les brûler)

Pentecôte 1988 : comprend enfin ce qui se trame sur ce foutu parking ; première pipe (à, ou par) un syndicaliste CGT de Berthiez, un vieillard de 30 ans, expérience désastreuse.

- Rencontre furtive avec un ouvrier portugais sur U2 «Totasky», premier vrai émoi, lusitanophilie assumée.

Premier amour masculin : il était boulanger et poilu, s’appelait Roland et roulait en supercinq GTL rouge. HéPiC est convaincu que c’est l’homme de sa vie. Découverte avec Roland du «milieu» gay local forézien (très, très local) :
- le Sax, discothèque à Semène-sur-Loire où le premier jour pense que la patronne est en fait un travelos alors qu’elle a juste mis une ‘tite robe en Jersey ; se souvient de Bruno, animateur inimitable avec une mèche balayée que même Dave ne parviendrait pas à la faire égaler (et heureusement)
Crise de rire avec mes copines travelos : Bernadette, Tagada et Lady Caravane (réplique culte «c’est la Toussaint ou t’as mis un costume !)< ;br /> La crêperie «chez Shakette» : ioù Hépic se souvient d’avoir fêté là bas une annonce de séropositivité : Champagne pour tout le monde en 1990 ; bulle en novembre, cendres an avril.
Le sauna de l’avenue de la Libération (même les services d’hygiène de la ville avaient renoncé à y passer ; le préso était à 2 Francs ; les morpions gratis.
L’Ange bleu, bar tenu par deux filles (on ne dit plus colleuses de timbres) qui s'expliquaient régulièrement à coup de flingue (véridique) : mais putain qu’est ce que c’était drôle !


1989-1993 cursus de droit à l’université de Saint-Etienne ; bons souvenirs ; deux fois major et je vous merde !

1989 rencontre avec Maxime, quasi sosie de Jacques Brel jeune. Max dédicace «Ma plus belle histoire d’amour» de Barbara à HéPic baisant dans la nature sur les hauteurs de Saint-Etienne. HéPiC est amoureux. Hépic est pédé. Hépic commence à vivre.

Ca va pas durer.

05.03.2010

Chronos [part.1]




Puisque je dois tout dire : je précise que je ne me prends nullement pour un auteur. Je sais n’avoir aucun talent littéraire. J'accepte qu’on me trouve de bonnes qualités rédactionnelles, et encore pas toujours ! Je suis ici narrateur de ma vie, avec un objectif : la faire durer un peu puisque c’est bon pour la santé.

Je me mets à nu. Devant vous. Sur Facebook. Je sais déranger certains : un réseau social ne serait pas fait pour ça. A mon sens, c’est tout l’inverse, le réseau social est un media universel. Une somme de monographies de nous, millions de semblable, un bottin ou tu restes le maître de tes propres rubriques. C’est moins prétentieux que le who’s who et plus efficace que les RG.

J’ai décidé d'euthanasier mes tendances schizophrènes ; avant j’avais des profils publics et des profils privés.... Je les réunis dorénavant sur un seul afin que ce que j’écrive lève une de mes angoisses : la crainte de ne pas laisser de traces de moi, après ma mort. Et ma mort, je la porte au quotidien.

L’idée est ici, à la manière des repères chronologiques préfaçant une oeuvre littéraire de dresser les grandes lignes de la biographie de l’auteur. Au second degré, et sans prétention, ça pourrrait donner quelque chose comme ça :

Ascendance et contexte familial

L’ascendance paternelle est constituée d’une vieille famille paysanne attestée au Diocèse d’Autun dès 1580. La bonne branche de la famille est dorénavant propriétaire du domaine de Montrachet (21).

L’ascendance maternelle est plus complexe : la famille Chanteloube est une maison de riches paysans connue aux confins du Gévaudan et de la Margeride dès la fin du 17°. le hameau de Chanteloube (Auvers) semble être le pays d’origine de la famille qui y subsite encore.

La grand-mère maternelle d’HéPic - qu’il n’a pas connue - restera toujours un personnage clé. Anaïs B. est en effet issue d’ue branche légitimée d’une riche famille de soyeux stéphanois, les BEAUFILS , ainsi que de hobereaux de la Margeride : la maison de BEAUMONT du BESSET et les de CRUSSOL des EPESSE, par ses deux illustres familles HéPic se trouve arrière petit neveu du baron des Adrets et du Général Lafayette. Cette lointaine ascendance aristocrate a conduit HéPic à opérer par pure prétention une tentative avortée de relèvement de nom, épisode dont il s’est ensuite senti ridicule toute sa vie ce qui ne l’a pas empêché de s’inscrire au groupe des descedndants de Charlemagne, dont il aligne 13 fois la présence dans sa généalogie. Toute sa vie, Hépic sera passionnée de généalogie.


8 août 1969, naissance à l’hôpital Bellevue de Saint Etienne de Henri, Menuisier et de Marie-Joseph C., couturière. HéPiC est de 14 ans le cadet de, Marc, et de 13 de Jean-Pierre.


1972 - 1976 scolarité aux écoles des rues Basson et Paillon à Saint-Etienne

Août 1976 : la famille déménage de la maison « historique » du chemin des villes, pour s’installer dans une «cage à poules» aux pieds du crassier du ¨Puits Couriot qui venait de fermer ses galeries trois ans avant. Au moment de quitter des la maison, devant la crise d’hystérie de l’enfant la mère d’HéPiC a du confectionner une paillasse faite de vieux journaux - refus de quitter la maison familiale. Ce trauma du déménagement non expliqué, contraint, reviendra sans cesse d dans toutes ses démarches analytiques ou psychanalytiques

1976-1980 scolarité à l’école Victor Duchamp. Gamin solitaire, noue peu de contact avec ses semblables. Fils de vieux - ses parents l’ont eu à l’âge de quarante ans ; ne se sent « pas comme les autres » après avoir incidemment appris qu’il n’avait pas été réellement désiré.