12.03.2010
Chaos (part 2-1)
< J’éprouve le besoin de poser les repères de «ce qui s’est déroulé» - dit-il pudiquement - ces dernières semaines pour mieux comprendre quelles sont les fissures devenues failles, provoquant un collapsus général du bonhomme l’emportant tout entier ; j’ai aussi besoin de mettre cet épisode en relation avec le même «ce qui s’est passé» à la mi -juillet et qui n'avait pas manqué de produire des effets similaires. L’hyperesthésie est évidente, les causes différent, les emmerdements qui s’en résultent, jamais. De loin en loin, j’expliquerai peut-être, et soignerai j’en doute, cette pathologie qui fait de moi cet écorché vif que vous ne parvenez pas tout à fait à oublier, ce JE hypertrophié du malaise qui n’a pas d’autre souhait que de bâtir, en amitié, en amour, des NOUS juxtaposables. J’essaie de vivre. J’écris dont je vis. Parce que pour moi vivre sans m’écrire me tue. Je suis un avorton décalé de la X génération, un MoBo ( demi mobile - moral ; demi - bourgeois - bohème) classifiée comme tel en sociologie. Je suis tout autant dépendant de mon besoin de solitude que de mon rapport aux autres. Je suis de ceux qui pensent que les réseaux sociaux (FaceBook, les blogs, Twitter, voire les chats gays)sont à notre génération de que les antiprothéases ont été à «la génération sida de 1995» : «un moyen de se soigner pour ne pas guérir» (Arnaud Marty-Lavauzelle). Ca ne dure que le temps de faire le deuil de son propre deuil. Je suis de plus un fils de vieux, j’appartiens à une génération sacrifiée, la plus courte de l’histoire (1957-1975), coincée entre l’égoïsme nombriliste des BoBo (tout pour ma gueule, après moi le déluge : ma belle-soeur Bernadette en est une caricature) qui vote à gauche par réflexe (sans regimber à des relents de racisme et qui malheureusement constitue encore l’essentiel de l’appareil du PS). Pour ceux là, le sens du collectif c’est oui mais NIMBY : not in my back yard) . La génération qui suit , celle qui a été élevée avec joysticks ceux que j’appelle les tecknokids (les sociologue les nomment YoYo) débarquent en masse avec les exigences et les repères moraux... de leurs grands parents, les Bobos ! On est niqués ! [sur l’alliance entre CoCo et MoMo vs celle Bobo et YoYO on se reportera à un excellent article paru... je ne sais plus où !] Pour en revenir à ma gueule : je prétends que la faille date de 1878 au moment de la mort de Toussaint BEAUFILS et de a séparation définitive entre les branches légitimes et légitimées qui malgré tout entretenaient des lien (j’en ait la preuve). La chape de plomb qui tombe sur cet histoire est entretenue par les femmes jusqu’en février 1968, date du décès de ma grand-mère. Je naquis en 1969 (un an après que la chape de plomb soit définitivement retombée sur «le secret», et j’emploierait mon adolescence à faire parler les morts : passion pour la généalogie, je renoue par hasard avec la branche aînée et on recolle 100 ans d’histoire qui nous manquait aux unes et aux autres ! On retrouve les tombes. On les fleuris. On ne vient plus de nulle part. Je suis convaincu que ce trauma de 1878 qui s’est abattu sur 5 générations de femmes, de mères, est structurant dans la mémoire reptilienne, de nos peurs. En partie, me concernant, c’est la peur panique de l’abandon qui me vient de là : peur que je tiens de ma mère qui était elle même terrorisée sitôt qu’un des siens avait trois minutes de retard : nulle autre solution que le pire (et le portable n’existait pas !) Mon frère venait déjeuner, 12 h 15 : personne : il était mort ! Il n’y avait pas d’autre explication «raisonnable». La contrepartie de ce type d’environnement, c’est que des personnages comme ma mère ou comme moi - dotés d’un sens de l’intuition hors du commun, on assure comme des bêtes en situation de crise, mais on s'effondre après. [...] Donc, pour vous garder autour de moi [envie], je fais tout l’inverse de ce qu’il faudrait : je me rends haïssable, je vous provoque jusque dans vos ultimes retranchements pour éprouvé le lien, et pleurer ensuite sur la corde qui a cassé. Je construits moi, tout seul, mon cercueil, ne m’estimant «aimable» qu’à l’état de cadavre ! Comme disent les enfants, «ben je voudrai mourir 5 minutes pour voir comment tu pleurerais». Reprenons donc et posons les faits tels qu’ils sont, ils n’ont rien de rationnel, et ne doivent en aucun cas impliquer une culpabilisation des protagonistes. Tout date de cet été, mais ce qui s’est passé cet été couvait depuis le décès des parents de Jay et même avant ! Acte 1 : -14 juillet dernier : c’est l’anniversaire de Demonz ! Mon vieux Demonz ! J’ai toujours eu une «amitié particulière» pour David, dans sa générosité comme dans ses excès ; je n’ai eu de cesse de combattre son «entre libre et heureux j’ai choisi libre» tant jusque là je croyais qu’on pouvait aimer non l’amour, mais l’autre. Depuis, j’ai changé et je me range à sa devise. Le hic, c’est qu’à l’anniversaire de Demonz, je savais devoir rencontrer toute une bande d’anciens potes avec lesquels je suis brouillé à mort ([es pédales entre elles c’est pire que les goudous] et que je ne me sens pas d’y aller seul... Sur ce vieux conflit ne pas avoir tord : j’ai juste refusé de prêter foi et hommage à un tout-petit-baron de Marais, donc baste ! Il n’en demeure pas moins que je suis couillemollisant, que je trouve compliqué de les «affronter à solo ; je propose à Jay de m’accompagner. J’en informe Demonz. Refus poli de Demonz sur le ton « l’appart’ est petit, j’peux pas accepter les extras». Dont acte ; je n’irait pas à la soirée... Et c’est là, à ce moment précis, que se génère dans mon cerveau malade un « délire «que j’ai été incapable de maîtriser : J’étais invité chez Demonz Dès lors que l'informe que je venais avec Jay, il refuse ; Jay est un facteur d’exclusion sociale ; Le comportement induit par ses addictions de Jay sont la cause de cette exclusion et de toutes celles qui ont été vécues avant ; Il faut donc détruire Jay ; Je me détruis moi pour détruire Jay. Spirale vicieuse, explosion sur base de manipulation entre une personnalité impulsive et sensitive (moi) et une personnalité mythomane et victimisante. Résultat : TS, urgence de Bichât ; fugue des urgences, retour aux urgences décharge de responsabilité, je me retrouve sous Prozac sur le divan de Dé à deux séances par semaine Analyse a posteriori : un garçon aussi sensé que moi se rend parfaitement compte de la disproportion entre « l’origine du mal » et les urgences de Bichât ! Mais à aucun moment du processus je n’ai été en mesure de le faire cesser ; pire encore, l’attitude de Jay l’a attisé parce que dans ces épisodes j’abdique tous mes droits, y compris mon bon sens paysan à un tiers. Et ce tiers, c’est lui. C’est quasi pavlovien. Cette histoire, teintée de cocaïne, a duré six ans. Comme disait les vieux, ça a duré aussi longtemps « parce que c’était lui, parce que c’était moi », que notre histoire tenait sur un trépied Eros, Thanatos, et nos Ego. J’étais le seul à faire des massages cardiaques à Eros. C’était foutu d’avance. Je reviendrai plus tard sur la situation d’imposture qui a été à la base de ma relation avec Jay. Mais le prochain acte que je vous livrerai (que je me livrerai, parce que la démarche est bien thérapeutique) , c’est ce qui s’est passé début février. Et la, dans le mauvais mélodrame gay, on a fait fort, surtout moi !
20:34 Publié dans chapitre 3 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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