17.03.2010
L'annonce faite à Marie
1989 (2 mois plus tard) HéPiC chope des morpions - c’est quoi ces trucs qui bougent dans les poils de mon pubis, - je crois que j’ai même posé la question à ma mère ! - et comprend, après un passage chez le toubib, que Maxime est à l’origine des choses, acte 2 scène 4, rupture, dépression (déjà)
1989 - 15 jours après l’épisode morpions : la mère d’HéPic entre dans sa chambre en disant «faut qu’on parle.»
Rhôputain ! ça mouque aux pieds du crassier !
Le paternel s’en mêle, me voilà au tribunal de la Sainte Famille laquelle envisage decrescendo - qu’elle croit - les causes du malaise du Coissou :
-
- Niveau rouge : tu nous ramène une black ou une arabe
- Niveau orange : tu te drogues... (Non maman, pas encore... Mais t’inquiètes ça viendra !)
Je ne me souviens pas avoir réalisé qu’à ce moment, l’idée même que je sois gay puisse ou non leur a ou non traversée l’esprit ; je ne sais pas plus si mon même esprit me joue des tours tant le chemin parcouru depuis est long, mais c’est mon père, cet inconnu, ce silencieux qui dit une phrase du genre «si t’es amoureux d’un garçon, c’est ton problème, mais là ça devient chiant parce que tu stresse ta mère, alors réagis ! ».
Et c’est vrai que ma mère était stressée et que l’ambiance de notre trio était particulièrement lourde.
NDLR : Il me semble plus commode de passer à la première personne du singulier pour narrer la suite :
Cet instant qui venait se de dérouler dans ma chambre, c’est comme si une révolution copernicienne s’était produite dans ma vie : celui que JE considérais comme un concurrent, comme un rustre et pour tout dire, comme l’être le moins à même «de me comprendre» [sur un air de Véronique Samson], lui, mon père, cet inconnu, avait tout pigé, ne me jugeait pas et m’enjoignait au bonheur.
Dire que tout fut simple, après «l’annonce faite à Marie» [néologisme de coming out] serait faux, et pourtant au moment où j’écris tout me semble plus doux, quand bien même je l’ai surprise le lendemain, murmurant au téléphone avec un psychiatre qui était déjà intervenu au profit de quelques membres de la famille, le Dr. Simon. Fou de rage, j’empoignais le combiné (de ces vieux combinés France Télécom qui étaient à l’époque le comble du modernisme en couleur caca d’oie ) et invectivais le praticien :
- Non, je ne suis pas malade
- Oui, je suis pédé
- Oui je suis triste parce que je me suis fait larguer,
- Oui, ça serait pareil avec une nana...
Et surtout, oui, j’acceptais d’être reçu par lui, avec ma mère pour une séance «collective». A cette époque, je faisais déjà un peu de politique !
Le docteur Simon était un vieux monsieur choisi par maman ; il avait donc sa confiance car avait contribué à la stabilisation temporaire d’une autre illuminée de la famille : feue Tante Anne-Marie.
Je me souviens de l’épisode comme s’il s’agissait d’hier : Ma mère et moi nous installons sur les fauteuils, face au praticien, quand celui-ci s’adresse à elle :
-
- je préfère vous voir l’un après l’autre, commencer par le jeune homme, et nous nous verrons tous les trois ensuite.
One point pour ma gueule.
Maman est contrariée, mais obtempère et sort du cabinet.
En face à face avec le psy «je venais d’avoir dix huit ans» [sur un air de Dalida], je réitère mes propos téléphoniques, lui confie mon désespoir de m’être fait plaquer par Max, ainsi que la difficulté qui me parait insurmontable de vivre sous le toit de mes parents dorénavant.
Le docteur Simon a un entretien avec ma mère puis nous réunis tous deux : sa conclusion est empreinte de sagesse et de bienveillance toute salomonesque :
- Non, Madame, votre fils n’est pas malade, et l'homosexualité ne se guérit pas ;
- Par contre, tous les deux, êtes vivez dans un stress intolérable, dont les causes sont différentes mais que je peux traiter : Lexomil pour toute la famille ;
- La question de la décohabitation doit être envisagée avec sérénité.
Au retour, dans l’ascenseur, ma mère, l’oeil noir me dit
- puisque c’est comme ça, assume ! Mais nous n’en parlons plus jamais»
Quelques semaines plus tard, alors que Maxime m’était revenu tel Mathilde, nous déjeunions tous les quatre à la maison de campagne ; force est de constater que nous ne parlions pas d’homosexualité mais que nous accueillions au sein de ma famille mon compagnon du moment (et ils en ont vu défiler des cargaisons depuis). Sans crainte et sans jugement.
Chapeau bas à mes parents ! Né dans l’autre siècle et bien avant toutes les révolutions sexuelles ; ils ont aimé leur fils tel qu’il était et continuent d’être pour moi une référence, un chemin, un point d’appui.
J’aime mes parents.
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13.03.2010
Chaos [2]
L’exercice que je m’inflige ici - retracer le fil du chaos récent - , alors que, cette nuit, je me suis réveillé chaque heure et que je commence à douter qu’une méthode particulière gouverne les Charmilles, m’est douloureux et difficile. Il commence avant l’épisode des fêtes de fin d’année :
- quinze jours avant Noël, nous tremblons tous pour la santé de Cécile, victime d’une hémorragie interne cataclysmique, le week-end même où elle devait venir me rejoindre à Paris. Le pronostic est réservé pendant deux ou trois jours. Ces jours là : je ne vis plus.
- deux ou trois jours avant Noël, Cécile sort de l'hôpital, elle est pâlotte mais assiste au déjeuner traditionnel dans une ambiance de quiétude et de bienveillance qui en dit plus sur les liens qui unissent le clan que toutes les effusions.
- Saint-Sylvestre : je hais l’exercice qui t’expose à chaque fois à ta solitude ; chacun attend le dernier moment pour voir «s’il ne sera pas invité à une soirée plus hype » et ça finit chaque fois en bal des frustrés ; j’accompagne Vince chez des amis d’amis. Rien n’a dire. Ca, c’est fait, dommage que la même question se repose l’an prochain.
- Vince vit désormais à la maison. Ca s’est déroulé par infiltration. Mon espace vital, mon capital de libertés et de connerie est amputé par sa présence, par le génome du couple :
- samedi après-midi au Carrefour de la porte d’Auteuil,
- qu’est-ce-qu’on-regarde-à-la-TV ;
- où passerons nous Pâques ?
- Je suis en totale fausse route ; comme tout mec qui se respecte, je ferme ma gueule, devient de plus en plus désagréable «non t’inquiètes, c’est le boulot». Je veux qu’il comprenne que «j’ai besoin d’air» et que l’air, c’est le «nous» dont il rêve qui me le bouffe.
- fin janvier : week-end désastreux avec Vince à Amsterdam : aucune envie d’y aller, un froid de gueux, les canaux sont gelés. En d’autres circonstances j’aurai adoré. Mais, je sais qu’avec Vince, c’est fini. J’espère qu’il va le comprendre sans que j’ai besoin de le lui dire, couard que je suis. Lui, il s’accroche à ce qui reste de ses illusions, de son besoin de « nous » - plus que de moi - en vie ; sur ce coup, j’ai bien une paire de couilles et m’en sers manière hétéro : courage, fuyons !
- J’en conclue que si je ne suis pas capable de me maquer avec un mec comme Vince, jamais je ne trouverai un gars plus doux, plus aimant. Je me vois finissant seul, en pauvre tafiole vieille et aigrie ; Bridget Jones version HéPiC (ouais, enfin j’avais pas Hughes GRANT en face non plus ! ) Mon besoin de l’autre est impossible à rassasier, mais mon besoin de solitude est cannibale de mon besoin de l’autre, pas facile comme équation (dire qu’il va falloir que je paye un psy pour redire tout ce que je sais déjà !)
- 24 janvier : je propose à Jay de l’accompagner en voiture à Orly - « c’est plus sympa » - pour ses quinze jour de vacances en solo en Dominique. «Ils sont plus de deux mille et je ne vois qu’eux deux»? Il n’y a pas Brel, il n’y a pas Bécaud, mais ni Jay ni moi ne comprenons vraiment pourquoi nous ne partons pas ensemble.
- 28 janvier : courriel de Jay « prends le premier avion et viens me rejoindre, tu me manques »; interloqué, je décline ; quelque chose se résonne quand même au dedans de moi
- 2 février : une bière au Trésor avec Lionel. J’me sens vieux, décalé face à lui qui aurait vraiment pu être un très bon pote si je m’étais fait violence à sortir de ma coquille. Echanges sur notre besoin de militantisme. Je le trouve toujours aussi beau. Au sortir du bar je me sens déprimé : l’effort qu’il m’a fallu déployer pour « socialiser » avcec Lionel est au delà de mes forces ; je comprends que je suis vraiment dans une spirale dépressive dont il sera compliqué de sortir.
- 3 février : déjeuner avec Isa rue Malar dans le 7°. Isa « m’opère », comprend tout, sent bien que je vais mal, mais me dira plus tard combien elle s’est sentie dépourvue pour me venir en aide.
Pendant tout ce temps, au bureau, je fait le clown, j’assure mes dossiers.
- 5 février : «dîner-en-ville» sur les perpectives au travail , le ton est libre, cet entretien consacre mon ancrage dans la société, je n’en tire que du bon.
- 7 février : une demi-douzaine de mecs sont venu se faire baiser chez moi. Le dimache, Jay revient de Dominique : je l’accueille à l’aéroport un peu décontenancé : qui suis-je vraiment venu chercher, mon ex ? mon futur mari ? un pote ? Rien de clair. Il passe l'après-midi chez moi, le temps que son appartement se réchauffe, sieste un peu ; il ne se passe rien, je ne le veux pas. Nous retrouvons d’instinct notre ennui conjugal coutumier ; il veut sortir dîner, je n’en éprouve aucun besoin ; il rentre chez lui. Je rappelle Clément, un plan cul que j’apprécie particulièrement et nous partageons un moment de tendresse intense. J’ai vécu ma tendresse pour Jay par procuration.
- 10 et 11 février : j’annule systématiquement tous mes déjeuners et dîners. Envie de voir personne. Déprime +++. Ce n’est plus une spirale de la dépression, c’est le vortex du cyclone dépressif. Je n’y peux rien, vous : non plus. Ici aux Charmilles; ils appellent ça un trouble du comportement sur une personnalité sensitive, c’est joli, non ,
- 12 février : Cathy annule son déjeuner avec moi et j’en suis soulagé ; vivre me tue ; aimer les gens qui m’aiment me bouffe une énergie incroyable. Premières idées suicidantes.
- week-end des 13 et 14 février : RIEN. Je décline toutes les invitations ; enfin en même temps il n’y en avait pas des masses. avec le caractère que je me traîne, je baise a minima à Berthier 4/6 mecs, je ne sais plus. Je refuse le premier rail de coke qui m’est offert depuis le départ de Jay. Je suis fier de moi ; seul, je suis sorti de cette merde ; je mets un nez dans les retards administratifs et financiers de toute sorte, ait le sentiment que les chiffons de papier me tueront. D’ailleurs c’est décidé, ils me tueront.
- 16 février : je dîne avec Bruno de Grobois, puis à 22 h 30 : j’envoie un texto à ma toubib de ville pour qu’elle m’aide à trouver une structure de prise en charge ; je poste sur FB «traverse un moment de découragement absolu»
-17 février, 4 heures 30 du matin : sur ma demande un toubib de SOS médecin indique le traitement mis en place après que je l’aie appelé et mentionne mon désir de prise en charge : à aucun moment il n’est question d’hospitalisation d’office. Jay est là. Message à Cathy. Je poste sur FB « comme un arrière goût de juillet».
-18 février : première vraie TS. Pris en charge par les pompiers, orienté sur les urgences de Bichât ; je tombe sur un psy compliant qui s’arrange pour me trouver une place à la clinique Montsouris ; j’arrive à la clinique : scène d’hystérie entre patients, je signe une décharge et rentre chez moi.
-Samedi 20 février : 2ème TS, la plus sérieuse. Coma. Admis en réanimation à Lariboisière ;
- 22 février : sortie de Lariboisière : une place m’est trouvée à la clinique de Crosnes sauf que les incompétents en charge de la réservation des VSL oublient ma prise en charge : je ne serait pas transféré dans les temps ; de colère, j’appelle Crosnes, libère la place et rentre chez moi. Je «licencie» dans la foulée mon psychanalyste.
- nuit du 22 au 23 février : nouvelle TS. Le psy de Bichat, dans un premier temps compliant tente de me faire admettre à Crosnes. Echec. Puis à Montsouris : accord est donné, le VSL est réservé ; Jay intervient pour s’opposer à mon hospitalisation en secteur libre et signe une «hospitalisation à la demande d’un tiers» ; Je ne le lui pardonnerai pas, sachant l’état de désolation de l’hospitalisation publique pyschiatrique en France.
- Je suis transféré quasiment nu des urgences de Bichât au 6ème étage de Henri Ey, secteur ferme, grands psychotiques ; me retrouve seul lucide parmi de grands schizophrènes. La procédure suivie par l’administration est illégale puisqu’elle m’a enfermé au 6° pour des commodités de services ne disposant plus de place dans le service adéquat.
- «Mon réseau» prend le relais de Jay, dont je n’aurai plus aucune nouvelle après qu’il ait signé l’HDT «le plus bel acte de sa vie», dixit lui [j’avais assisté à des débats homériques sur l’HDT de son père un an avant !, question de principes, pas possible, etc.] ! Un médecin psychiatre mais intelligent comprend que je n’ai pas ma place dans cette structure et me trouve une chambre aux Charmilles ; j’y arrive dans la même journée à 16h30 en ayant pris le soin de m’occuper moi-même de la réservation du VSL.
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12.03.2010
Chaos (part 2-1)
< J’éprouve le besoin de poser les repères de «ce qui s’est déroulé» - dit-il pudiquement - ces dernières semaines pour mieux comprendre quelles sont les fissures devenues failles, provoquant un collapsus général du bonhomme l’emportant tout entier ; j’ai aussi besoin de mettre cet épisode en relation avec le même «ce qui s’est passé» à la mi -juillet et qui n'avait pas manqué de produire des effets similaires. L’hyperesthésie est évidente, les causes différent, les emmerdements qui s’en résultent, jamais. De loin en loin, j’expliquerai peut-être, et soignerai j’en doute, cette pathologie qui fait de moi cet écorché vif que vous ne parvenez pas tout à fait à oublier, ce JE hypertrophié du malaise qui n’a pas d’autre souhait que de bâtir, en amitié, en amour, des NOUS juxtaposables. J’essaie de vivre. J’écris dont je vis. Parce que pour moi vivre sans m’écrire me tue. Je suis un avorton décalé de la X génération, un MoBo ( demi mobile - moral ; demi - bourgeois - bohème) classifiée comme tel en sociologie. Je suis tout autant dépendant de mon besoin de solitude que de mon rapport aux autres. Je suis de ceux qui pensent que les réseaux sociaux (FaceBook, les blogs, Twitter, voire les chats gays)sont à notre génération de que les antiprothéases ont été à «la génération sida de 1995» : «un moyen de se soigner pour ne pas guérir» (Arnaud Marty-Lavauzelle). Ca ne dure que le temps de faire le deuil de son propre deuil. Je suis de plus un fils de vieux, j’appartiens à une génération sacrifiée, la plus courte de l’histoire (1957-1975), coincée entre l’égoïsme nombriliste des BoBo (tout pour ma gueule, après moi le déluge : ma belle-soeur Bernadette en est une caricature) qui vote à gauche par réflexe (sans regimber à des relents de racisme et qui malheureusement constitue encore l’essentiel de l’appareil du PS). Pour ceux là, le sens du collectif c’est oui mais NIMBY : not in my back yard) . La génération qui suit , celle qui a été élevée avec joysticks ceux que j’appelle les tecknokids (les sociologue les nomment YoYo) débarquent en masse avec les exigences et les repères moraux... de leurs grands parents, les Bobos ! On est niqués ! [sur l’alliance entre CoCo et MoMo vs celle Bobo et YoYO on se reportera à un excellent article paru... je ne sais plus où !] Pour en revenir à ma gueule : je prétends que la faille date de 1878 au moment de la mort de Toussaint BEAUFILS et de a séparation définitive entre les branches légitimes et légitimées qui malgré tout entretenaient des lien (j’en ait la preuve). La chape de plomb qui tombe sur cet histoire est entretenue par les femmes jusqu’en février 1968, date du décès de ma grand-mère. Je naquis en 1969 (un an après que la chape de plomb soit définitivement retombée sur «le secret», et j’emploierait mon adolescence à faire parler les morts : passion pour la généalogie, je renoue par hasard avec la branche aînée et on recolle 100 ans d’histoire qui nous manquait aux unes et aux autres ! On retrouve les tombes. On les fleuris. On ne vient plus de nulle part. Je suis convaincu que ce trauma de 1878 qui s’est abattu sur 5 générations de femmes, de mères, est structurant dans la mémoire reptilienne, de nos peurs. En partie, me concernant, c’est la peur panique de l’abandon qui me vient de là : peur que je tiens de ma mère qui était elle même terrorisée sitôt qu’un des siens avait trois minutes de retard : nulle autre solution que le pire (et le portable n’existait pas !) Mon frère venait déjeuner, 12 h 15 : personne : il était mort ! Il n’y avait pas d’autre explication «raisonnable». La contrepartie de ce type d’environnement, c’est que des personnages comme ma mère ou comme moi - dotés d’un sens de l’intuition hors du commun, on assure comme des bêtes en situation de crise, mais on s'effondre après. [...] Donc, pour vous garder autour de moi [envie], je fais tout l’inverse de ce qu’il faudrait : je me rends haïssable, je vous provoque jusque dans vos ultimes retranchements pour éprouvé le lien, et pleurer ensuite sur la corde qui a cassé. Je construits moi, tout seul, mon cercueil, ne m’estimant «aimable» qu’à l’état de cadavre ! Comme disent les enfants, «ben je voudrai mourir 5 minutes pour voir comment tu pleurerais». Reprenons donc et posons les faits tels qu’ils sont, ils n’ont rien de rationnel, et ne doivent en aucun cas impliquer une culpabilisation des protagonistes. Tout date de cet été, mais ce qui s’est passé cet été couvait depuis le décès des parents de Jay et même avant ! Acte 1 : -14 juillet dernier : c’est l’anniversaire de Demonz ! Mon vieux Demonz ! J’ai toujours eu une «amitié particulière» pour David, dans sa générosité comme dans ses excès ; je n’ai eu de cesse de combattre son «entre libre et heureux j’ai choisi libre» tant jusque là je croyais qu’on pouvait aimer non l’amour, mais l’autre. Depuis, j’ai changé et je me range à sa devise. Le hic, c’est qu’à l’anniversaire de Demonz, je savais devoir rencontrer toute une bande d’anciens potes avec lesquels je suis brouillé à mort ([es pédales entre elles c’est pire que les goudous] et que je ne me sens pas d’y aller seul... Sur ce vieux conflit ne pas avoir tord : j’ai juste refusé de prêter foi et hommage à un tout-petit-baron de Marais, donc baste ! Il n’en demeure pas moins que je suis couillemollisant, que je trouve compliqué de les «affronter à solo ; je propose à Jay de m’accompagner. J’en informe Demonz. Refus poli de Demonz sur le ton « l’appart’ est petit, j’peux pas accepter les extras». Dont acte ; je n’irait pas à la soirée... Et c’est là, à ce moment précis, que se génère dans mon cerveau malade un « délire «que j’ai été incapable de maîtriser : J’étais invité chez Demonz Dès lors que l'informe que je venais avec Jay, il refuse ; Jay est un facteur d’exclusion sociale ; Le comportement induit par ses addictions de Jay sont la cause de cette exclusion et de toutes celles qui ont été vécues avant ; Il faut donc détruire Jay ; Je me détruis moi pour détruire Jay. Spirale vicieuse, explosion sur base de manipulation entre une personnalité impulsive et sensitive (moi) et une personnalité mythomane et victimisante. Résultat : TS, urgence de Bichât ; fugue des urgences, retour aux urgences décharge de responsabilité, je me retrouve sous Prozac sur le divan de Dé à deux séances par semaine Analyse a posteriori : un garçon aussi sensé que moi se rend parfaitement compte de la disproportion entre « l’origine du mal » et les urgences de Bichât ! Mais à aucun moment du processus je n’ai été en mesure de le faire cesser ; pire encore, l’attitude de Jay l’a attisé parce que dans ces épisodes j’abdique tous mes droits, y compris mon bon sens paysan à un tiers. Et ce tiers, c’est lui. C’est quasi pavlovien. Cette histoire, teintée de cocaïne, a duré six ans. Comme disait les vieux, ça a duré aussi longtemps « parce que c’était lui, parce que c’était moi », que notre histoire tenait sur un trépied Eros, Thanatos, et nos Ego. J’étais le seul à faire des massages cardiaques à Eros. C’était foutu d’avance. Je reviendrai plus tard sur la situation d’imposture qui a été à la base de ma relation avec Jay. Mais le prochain acte que je vous livrerai (que je me livrerai, parce que la démarche est bien thérapeutique) , c’est ce qui s’est passé début février. Et la, dans le mauvais mélodrame gay, on a fait fort, surtout moi !
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